
J0 - 14 mai 2026
Mise en place à Narbonne
« La séduction du vol réside dans sa beauté. Les aviateurs volent, qu’ils en aient ou non conscience, pour l’esthétique du vol. »
Amelia Earhart
Extraits newsletter RDG
Une idée simple. Une idée folle aussi. Faire monter dans le même avion des enfants que tout semblait opposer. Des enfants au parcours ordinaire et d’autres cabossés par la vie, le handicap ou la maladie. Leur offrir le ciel, mais surtout leur permettre de se regarder autrement.
Trente ans plus tard, cette graine est devenue une forêt humaine. Une famille. La famille de Rêves de Gosse.
Et ce mot n’est pas galvaudé. Quand on arrive sur le Tour, on le comprend immédiatement. Sur le pré vert de l'aérodrome de Narbonne, jeudi, le rituel pouvait commencer. Il y a peut-être une année qui s’est écoulée, mais lorsque la caravane se retrouve, le temps semble suspendu. Comme si la dernière étape, à Lille en 2025, avait eu lieu hier.
Il y a les embrassades des retrouvailles, les regards complices. Il y a les anciens, les nouveaux, les pilotes du dimanche, les pilotes pros, les pilotes militaires, les bénévoles de l’ombre, les organisateurs locaux, les mécanos, les photographes, les partenaires. Des femmes et des hommes venus d’univers parfois opposés, mais réunis par une même conviction : placer l’enfant au centre, encore et toujours.
« L’essentiel, ce sont les enfants, pas le Tour en lui-même », résume Gérard Barbier, l’un des pionniers de l’aventure, présent depuis presque l’origine. En 29 ans, il a vu défiler des milliers de regards émerveillés, des milliers d’histoires, des milliers de vies croisées quelques heures seulement, mais marquées pour toujours.
Parce qu’un vol partagé laisse une empreinte.
« Tu ne rentres pas à la maison pareil », raconte Christian Bernateau, mémoire vivante du Tour. « Lorsque j'ai touché du doigt Rêves de gosse, j’étais tellement bouleversé que ma femme me disait : “Tu ne me parles plus pendant deux jours.” Parce que ça te charge en émotions d’une manière difficile à expliquer. »
Au fil des années, les pilotes ont embarqué bien plus que des passagers. Ils ont embarqué des rêves, des silences, des combats invisibles. Certains souvenirs sont lumineux, d’autres douloureux, mais tous restent gravés.
Il y a ce petit garçon déçu de ne pas avoir vu sa maman dans le ciel. Il y a Joris, qui attendait le passage de l’avion au-dessus de sa maison avec une précision d’horloger. Il y a cette petite fille rencontrée sur un quai de gare, dessin à la main, après quarante-cinq minutes de conversation improvisée. Et puis il y a tous les autres. Ceux qui descendent de l’avion avec un sourire immense. Ceux dont les parents découvrent soudain une force ou une joie qu’ils n’avaient jamais vues.
Créer un endroit où, pendant quelques heures, les différences ne séparent plus. Où le handicap ne définit plus un enfant. Où chacun trouve sa place dans un équipage, dans un groupe, dans une histoire commune.
Bien avant que le mot inclusion devienne un slogan, la caravane la faisait déjà vivre sur toutes ses escales en France. Et cette aventure humaine n’aurait jamais existé sans un homme: Jean-Yves Glémée, président fondateur de Rêves de Gosse.
Autour de lui, la petite bande des débuts est devenue une chaîne humaine qui traverse les générations. Certains enfants du Tour sont devenus adultes. Certains reviennent aujourd’hui comme bénévoles, pilotes ou encadrants. Le flambeau se transmet naturellement, comme dans toutes les vraies familles.
C’est sans doute cela, la plus bel héritage de Rêves de Gosse. Pas seulement avoir fait voler des milliers d’enfants. Mais avoir prouvé, depuis trente ans, qu’une société plus fraternelle n’est pas une utopie.
Pendant neuf jours, de Narbonne à Istres-Salon-Eyguières, puis Valence, Auxerre, Le Bourget, Granville, Saumur, Agen et enfin Perpignan, la caravane traversera encore la France. Les avions décolleront à l’aube. Les regards se lèveront vers le ciel. Et des milliers de gamins vivront à leur tour cette aventure hors du commun, récupèreront ces petites graines pour agrandir encore cette forêt.
Et tant qu’il y aura des enfants à faire rêver, la famille continuera d’avancer, ensemble, portée par cette conviction simple et immense : un rêve partagé peut changer une vie.
La liaison du jour

Nous avons décollé de l'aéroport de Toussus-le-Noble, situé dans le sud-ouest de la région parisienne pour l'étape de mise en place vers la première ville étape de ce tour 2026 : Narbonne dans le département de l'Aude.
La météo était particulièrement difficile avec des nuages bas sur les reliefs, des nuages orageux en plaine, des fortes précipitations, beaucoup de vent. Le contournement du massif central s'est fait par l'ouest. Une partie de la navigation s'est faite en intercouches ce qui a empêché de voir tous villages, châteaux de Dordogne et du Lot notamment.
Les photos de la liaison du jour
Chaque jour, nous vous partageons quelques clichés des paysages et monuments survolés pendant la liaison entre les deux villes étapes.
En effet, la France est un pays qui dispose d'une exceptionnelle variété de paysages et d'un patrimoine architectural très riche.
Nous vous invitons à découvrir dans cette rubrique la France vue du ciel pendant Rêves de Gosse.











